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vendredi 22 août 2014

Labyrinthe

Lecture en cours : Porcelaine - Estelle Faye


Glandouille au lit et Réveil Tardif. Mon (bébé) chat est en train de mener un combat épique contre la couette. Et je ne vous cacherai pas que la couette est en train de gagner.

Rythme de nuit oblige j'ai fort peu lu ces dernières semaines, à deux exception près. Tout d'abord la bande dessinée de Chloé Cruchaudet Mauvais genre qui nous relate l'histoire (vraie & légèrement romancée) de Paul Grappe, déserteur de 14-18, qui pour échapper à la justice s'est dissimulé dans le rôle d'une femme. La BD est chouette. Le dessin tout en noir et blanc ne fait ressortir que le rouge (comme souvent) mais les coup de crayon très doux rend l'ensemble vraiment joli. L'histoire quand à elle... Fort intéressante, surtout quand, comme moi, on s’intéresse à la question des genre et du corps.  Bon le format est sans doute un peu trop court pour faire le tour de ce sujet et Mauvais genre, ne fait qu'esquisser une histoire sans prendre position, jouant un peu avec la réalité historique.


Sinon j'ai aussi testé pour vous (haem) Thomas Day et son roman L'instinct de l’équarrisseur.  Je suis drolement mitigée sur cette lecture. Disons que ça grouille de supers idées, de concepts marrants, comme celui de ce monde parallèle, très semblable à notre propre 19e siècle mais qui aurait bénéficié des avancées d'une culture extraterrestre ou encore de ce duo nettement plus équilibré Holmes/Watson. Y'a plein de références à plein de personnages connus dans un monde et dans l'autre et ça, j'aime bien.
Cependant il y a aussi des trucs qui passent assez mal. Bon déjà la multiplication d'intrigues, à la limite ça aurait pu être découpé en une série de nouvelles vu les différences d'ambiances. Ensuite, pour une raison que j'ignore, quand les auteurs choisissent de faire de Conan Doyle un personnage je trouve que c'est souvent assez foireux et ça ne loupe pas ici : on a strictement aucune empathie pour ce mec. Et puis pour finir la liste des défauts, je n'ai pas du tout aimé le personnage de "Shiva". Je n'ai pas pu m'empêcher (et je sais que vous aller me dire que je suis chiante) de trouver ça sexiste et nul, de dresser le portrait d'une femme impitoyable en la faisant baiser à chaque fois qu'elle apparait. Comme si la femme maléfique était forcément une bête de sexe (ou l'inverse. Ce qui me pose problème c'est que les deux soit encore aussi facilement liés dans l'imaginaire collectif) Bref. C'était sympa à lire en pointillé sans plus, alors que ça aurait pu déboiter.

Des projectiles de pierre avaient percé la totalité des vitraux 
comme si l'on avait voulu crever les yeux de Dieu

Bon voila pour la lecture, passons a autre chose, comme par exemple le méga coup-de-coeur du moment soit la série Community que ma très chère F. m'avait déjà recommandé à mainte reprises.
Que dire? En plus d'un format vingt-minutes-sans-rires-prééenregistrés (ce qui est le truc le plus simple et agréable à regarder), cette série complétement barrée est absolument géniale. On y suit un groupe d'étude hétéroclite évoluant dans un "community college" ainsi qu'un certain nombre de personnages collatéraux tous plus timbrés les uns que les autres. Cette série qui n'hésite pas à jouer sur le méta,  est bourrée raz-la-gueule de toutes les références filmiques possibles et imaginables. Ce qui donne un grand n'importe quoi délirant, totalement assumé et revendiqué. La plupart des épisodes s'inspirent des constructions clichés d'autre type de série /  de films. En vrac on a un épisode attaque-zombie (sur fond de Abba.. \o/) , un épisode documentaire de guerre (de polochon), un épisode enquète-ricaine-bidon, un épisode comédie musicale, un épisode western et j'en passe. C'est vraiment excellent, drôle et parfois vraiment sensible.
Soit dit en passant, je suis tombée follement amoureuse du personnage de Abed. Ce qui n'a rien d'original, je pense que tout le monde adore Abed mais je ne sais pas... J'ai tendance à tombée amoureuse des personnages de fiction qui me touchent trop profondément, jusqu’à ce que ça fasse mal qu'ils ne soient pas réels. C'est assez con, je sais. Mais quoi qu'il en soit, c'est une série à voir et à revoir sans hésiter. 


- I'm saying you're a football player. It's in your blood
- That's racist
- Your soul
- That's racist
- ... Your eyes ?
- That's gay ? 
- That's homophob !
- Eh. That's black.
- THAT's racist.
- Damned...

Regarder ces cinq saison d'affilée (on appelle ça le Binge-watching et il parait que c'est le mal) ça m'a  prit un peu de temps. Mais bon, j'ai quand même trouvé des créneaux pour voir des films, oui j'avoue je suis forte. 

Déjà (et ça recoupe un peu avec la thématique de la BD de Chloé Cruchaudet) j'ai regardé Laurence Anyways, troisième film de Xavier Dolan, traitant de la transsexualité en la personne de Laurence, né homme mais qui se sent femme.  C'est un très beau film. Long et lent (mais j'ai l'impression que c'est une constante chez ce réalisateur) et pas toujours facile à supporter, car la violence intime de certains passages résonne dans les tripes. Ce film parle du chemin entre le masque masculin porté par Laurence et son accomplissement en tant que femme ainsi que les conséquences d'une telle décision. Son histoire d'amour passionnelle avec Fred, une jeune femme pétillante rend ce switch plus compliqué que jamais. Le rapport à son travail, à sa mère se bouleverse et trouver une identité réelle, non-usurpée dans ce chaos de sentiments est difficile. C'est pas évident à raconter mais c'est vraiment vraiment un sujet hyper intéressant. J'ai toujours l'impression d’être condescendante quand je dis que je défends les droit des gay-lesbiennes-bi-trans, principalement car cette défense est de principe et qu'en réalité j'en connais fort peu sur les réalité de leurs conditions.
Par contre j'ai un reproche important à faire au film et plus généralement à Xavier Dolan puisqu'on retrouve la même chose dans Les amours imaginaires : Bordel, virez moi votre monteur son ! D'une scène à l'autre il faut augmenter le volume à mort pour pouvoir capter une phrase, neuf fois sur dix ultra importante. Si c'est un effet de style je trouve ça plutôt raté.

J'ai finalement (après un an de pause, ouais..) vu Happiness Thérapy (David O. Russel) en entier. Je ne sais pas pourquoi je m'en faisais tout un plat de ce film. Finalement c'est assez classique, le scénario est basiquissime. Bien traité, avec des personnages détonnant pour le cinéma, mais l'intrigue en elle même est très très simple. Jennifer Lawrence y est lumineuse  et je pense vraiment que cette actrice ira très loin si elle le souhaite. Il se passe vraiment quelque chose quand elle est à l'écran c'est super. Bref, ça rend plutôt heureux et c'est toujours bon à prendre. 

Toujours amatrice du grand cinéma d'auteur j'ai aussi fais un petit tour dans les salles pour voir Les gardiens de la Galaxie (James Gunn) avec ma coupine L. (ma seule amie céphalopode). C'était pas mal. Dans le genre film naze qui réduit les neurones en bouillie je veux dire. Je me suis bien marrée même si c'est très très con. On ne nous épargne aucun clichetons, je me suis tout de suite identifiée à Rocket, le raton laveur génétiquement modifié adepte d'explosifs. Les méchants sont débiles et mégalo as usual, les amitiés et les amours se créent en un coup de baguette magique, les punshlines sont attendues, l'action aussi et on passe un bon moment quand même. Le truc que j'ai pensé le plus souvent au cours du film c'est que tout ça serait super bien passé en dessin animé mais que en film ça donne direct une impression kitshouille de n'importe-quoi trop coloré. Un peu dans la  veine de John Carter en fait.  Enfin bref c'était très cool, je vous le conseille, c'est typiquement le genre de truc à regarder avec des potes en bouffant du pop-corn et en buvant plein de bière.


Et pour la fin, je vous ai gardé une petite perle de nullitude. Il faut dire que je profite souvent de bosser de nuit pour regarder des films que je n'aurais jamais regardé dans d'autre circonstances et c'est le cas de la bouse qui va suivre : Blanche Neige et le Chasseur (Rupert Sanders). Et pourtant je vous JURE que j'ai essayé de mettre mes à-prioris négatifs de côté.  Mais c'est tellement naze, mon dieu, que j'ai pas tenu un quart d'heure avant de commencé à soupirer devant mon écran. Bon. C'est un peu moins niais que ce que je craignais (un peu). Mais pfiou... Déjà la réalisation est à chier. Les images sont belles, propres, mais les plans durent quarante ans, ça donne vraiment l'impression qu'il n'y avait pas assez d'idées à mettre dans le film et que donc ils ont décidé de ralentir l'action systématiquement.  Et puis aprés.. je ne sais même pas quoi dire tiens, il faudrait que je vous fasse une critique de ce film au détail quasiment minute par minute pour pouvoir recouvrir tout les reproches que j'ai à lui faire. En vrac : Le perso de Blanche Neige est une mary-sue censée incarner la vie mais qui fait crever sur son passage tout les gens qui l'entoure, elle sait faire du cheval, se battre à l'épée etc. alors qu'elle a été cloitrée dans une geôle cradingue pendant dix ans, le chasseur est un personnage cliché de mec bourru un grand cœur (en plus c'est le même mec qui joue Thor. Décidément cet acteur est un échec), ils ont voulu introduire un triangle amoureux mais ont oublié de l'exploiter, les retournements de situations sont incohérents, ce qui pousse à la loyauté aussi, ils nous en fond des caisses sur le fait que personne n'ose aller dans l'obscure foret mais.. toute la troupe des méchants arrive à  suivre nos deux fugitifs (BN et le chasseur) à la trace quand même alors que A L'ORIGINE ils avait employé ce putain de chasseur pour les guider (Vous les voyez mes sourcils tellement haussés qu'ils s'incrustent dans l'implantation de mes cheveux ? Et croyez moi pourtant j'ai un grand front !), la reine doit prendre le cœur de Blanche Neige pour rester éternellement jeune mais plutôt que de lui piquer son cœur quand elle en a l'occasion, elle l'empoisonne, niquant à jamais ses chances de récupérer un cœur qui puisse lui être utile, personne ne doute jamais de Blanche Neige quand elle dit être la fille de l'ex-roi que tout le monde croit morte et ça continue comme ça, tout le temps, tout le temps, de dialogues creux en scènes d'action molles jusqu'au Happy End final.
Raaah ! Mais à quoi ça sert d'adapter des contes au cinéma si vous faites n'importe quoi avec ? Qu'on veuille s'éloigner de l'histoire pour donner une autre dimension au truc je suis pour, mais dans ce cas là, ne bâcler pas votre intrigue avec des raccourcis que même un mollusque lobotomisé capterai direct !!
Bref, c'était Blanche Neige et le chasseur et c'était pourri. Comme prévu en fait.

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Bon sur ces joyeuses remarques, je vais aller me laver / manger / re-pioncer un coup avant de partir au taff. Histoire d’être en forme pour regarder encore plein de films approximatifs dont je vous parlerai dans un prochain post.
Portez-vous bien. Débisous. 

Bien à vous, Scrat

dimanche 29 décembre 2013

Salle de banquet


No clope et no cawa pour cause de 1) retour à la maison familiale dedans laquelle on a pas le droit de fumer 2) faire des économies avant repas de Noël en retard.

Bon en ce mois de Décembre j'ai beaucoup bosser mais de manière non-productive (...) du coup j'ai fort peu lu. A vrai dire j'ai tout juste terminé Avant le déluge de Raphaël Albert, soit le deuxième tome des Extraordinaires et fantastiques enquêtes de Sylvo Sylvain (ce titre à rallonge ..). Alors qu'en dire ? Le premier opus m'avait franchement botté et je continue à très largement apprécier l'univers "fantasy-punk". Cela dit je ne découvrais plus donc j'ai été moins enchantée. Autre raison de "déception" (le mot est fort) ca ne finit pas du tout comme qu'on a dit !! Moi qui me plains sans cesse des scenarii trop attendus et des happy-end débiles, je doit admettre que je suis servie. Un peu trop. heureusement je ne me suis pas assez attachée au personnage de Sylvo pour en être complétement chamboulée mais si ça avait été le cas, je n'imagine même pas la douche froide. Après s'être élevé au plus haut, notre detective-elfe descend au plus bas et c'est brutal. J'attends la suite. Il pourrait ne pas y en avoir, certes, après tout, pas de cliffanger, la boucle est bouclée mais il reste malgré tout grand nombre de réponse en suspens et... Non ça ne peut décemment pas finir de manière aussi abrupte ! TU M'ENTENDS RAPHAËL ?!

Sinon je me suis fait offrir le dernier Sempé pour Noël  Bourrasques et accalmies. 
C'est chouette. Comme toujours avec Sempé. Poétique et drole. Tellement triste parfois. J'adore vraiment. Il n'y a pas grand chose a en dire, ça se lit, ça se relit, ça se déguste avec tendresse et indulgence. Ce type a l'art de croquer le monde, un certain monde du moins... Anne Sylvestre l'avait fort bien compris.

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Pour une fois j'ai tenu mes résolutions cinématographique et j'ai réussis a voir tous les films que j'avais repéré en ce mois de décembre.

Donc tout d'abord Casse tête chinois, le dernier volet du triptic signé par Klapisch qui clôt les aventures de Xavier. Bon c'est .. gentil. Rien de fondamentalement mauvais mais ça sent quand même le réchauffé. De toute façon, déjà dans les Poupée russes, le héros devenait casse couille, ça n'a pas changé des masses. Et puis bon.. Nous refaire le coup de la grande histoire d'amour, franchement... C'est bon quoi!  Pas a tous les coups. Ma mère dit que c'est ce qu'il y a de bien dans le film : Le personnage y croit a chaque fois et c'est ça le secret. Je veux bien moi. Mais je m'accorde avec l’éditeur sur ce point : ça ne fait pas forcément une bonne histoire. D'autant que ce n'était pas super utile de le faire repartir de zero quoi. C'était intéressant de le voir galérer aux Etats Unis pour rester près de ses gosses. La romance, ça n'était pas nécessaire. ça illustre trop le fait qu'on cherche toujours à "reconstruire sa vie" plutôt qu'a la continuer, et quelque part.. ça m’ennuie.

Il y a aussi eu Le Hobbit, la désolation de Smaug (Peter Jackson). Bon je n'étais pas tombée à genoux, éperdue d'admiration devant le premier mais j'avais passé un moment sympa, c'est la même ici. Je l'ai même trouvé moins long avec une action plus soutenue. Bon par contre le truc qui me hérisse totalement c'est le délire avec le personnage de Tauriel. Je suis loin d'être une puriste et je n'ai rien contre l'ajout d'un personnage, surtout chez Tolkien ou en effet les femmes sont quand même très effacées. Mais si dès qu'on rajoute une femme on rajoute des histoires d'amour (bidon en plus) je ne répondu plus de rien ! C'était NUL ! Ça m'a prodigieusement gonflé. Pour le reste rien à redire, ça marche super bien, même si on sent en filigrane l'histoire pour enfant, c'est plutôt agréable et ça fonctionne bien même si on voit assez les ficelles.

Pour rester dans l'aventure-epic-adaptation-livresque, j'ai aussi été voir Hunger Games, L'embrasement (Gary Ross). Ça va être très dur pour moi d'en parler. Le premier film m'avait bien secouée. Ce n'est vraiment pas le genre de choses que je peux regarder à la légère par ce que le concept m'angoisse horriblement (Et après on me dit que c'est de la littérature pour enfants.. Ils ont l'estomac bien accroché vos mômes..). Ce deuxième opus a été assez mauvais pour mes nerfs. ca se termine au beau millieu d'un suspens horrible mais pour une fois ça ne m'a pas déranger. Il était temps que le film s'arrête, je n'en pouvait plus d'être terrifiée. Ça m'a vraiment fichu un coup et oui, je sais que c'est ridicule. Peut-être que je m'identifie trop ? Je n'en sais rien en tout cas ça me parle. ça me cogne même. je suis contente que la suite ne sorte pas avant un an. Histoire d'avoir le temps de digérer celui-là. Heureusement que ma F. adorée était là, sinon je ne sais pas comment j'aurais pu me trainer hors du cinéma..

Et puis pour finir enfin ma liste, on s'entend) j'ai été voir ce film qui est a l'affiche depuis des plombes (et que je comprend pourquoi) : Les garçons et Guillaume, à table (Guillaume Galienne). C'est tout ce que j'aime, film qui nait entre la frontière entre rire et larmes, situations hilarantes et instants tragiques. Un cœur tendre dans une famille trop sèche et cassante. On s'attache a Guillaume et à sa fragilité. Mais il y a autre choses, le film est bien construit, nous perd. Les scènes s'enchainent comme on tourne les pages d'un livre. J'ai vraiment adoré. Le sujet en lui même est atypique, déroutant. Important je pense aussi, quand on croit a à cette imbécile théorie du genre-implanté-dans-le-cerveau. Ce témoignage-fictionel (tout est fait pour nous faire croire a une autobiographie en tout cas, donc je décide d'y croire, je ne suis pas une spectatrice contrariante) est une réussite, sensible et audacieuse, risqué et parfaite ! Au top quoi ;). 
Petite mention pour la BO qui m'a beaucoup plu. Surtout Supertramp et cette reprise techno de Verdi à vrai dire..

Bref. C'est les vacances et j'ai vraiment pas envie que ça s'arrête.  

Bien à vous, Scrat 

 PS : "Et les feuilles de l'automne rencontrent des ciel moins bleus 
Et ton absence leur donne la couleur de tes cheveux" 

PPS : C'est pas pour me la péter mais j'ai eu les 5 premières saisons de Doctor Who en DVD pour Noël. Et vous ?  

mercredi 31 juillet 2013

Tour d'Astronomie

Lecture en cours : Jack Spark, Automne traqué - Victor Dixen

Sublime illustration by Senyphine

Café et lait et pain perdu.
Oui je déjeune tard, mais je suis en mode "Veille de nuit".

Avant ça, j'ai pas mal bossé à la médiathèque des CL, au rayon ado. Du coup j'ai emprunté quelques trucs. 
Parmi lesquels F comme garçon de Isabelle Rossignol. Il s'agit d'un petit roman, collection Medium, qui se lit fort vite et qui aborde l'homosexualité enfantine. C'est assez étonnant. D'abord par ce que l'on parle très peu de sexualité enfantine, et encore plus rarement d'homosexualité. Pourtant il me semble que c'est quelque chose de fréquent, cette espèce d’éducation-sexuelle-jeu, beaucoup de gosses l’expérimentent, sans même vraiment avoir conscience de ce dont il s'agit. 
C'est peut-être ça qui m'a un peu dérangé dans ce roman. Notre héroïne a une conscience très aiguë de ce qui est en train de se passer. Alors certes, à 12 ans, on est plus totalement innocent, mais j'aurais préféré lire une histoire ou le glissement se faisait inconsciemment. 
Cela parle aussi de cette fameuse "Phase lesbienne" par laquelle les filles peuvent passer et qui est temporaire. En l'occurrence, Zoé se retrouve confrontée à des filles pour qui c'est le cas, alors que pour elle il s'agit d'une réelle orientation. On la voit gandir au fil des pages, des rencontres, des événements. Peut-être pas de manière assez réaliste mais quoi qu'il en soit, je suis contente de voir ce genre de thème abordé dans les bouquins jeunesse.  Personnellement, quand j'étais plus jeune, les histoire d'amour homo me touchaient davantage que les autres. D'ailleurs j'en profite pour recommander avec vigueur Tous les garçons et les filles de Jérôme Lambert qui est peut-être l'une des histoire d'amour la plus douce et la plus subtile que j'ai lu.

- Tout va bien les amoureux ? On vous dérange pas trop ? 
Silence de l'assemblée qui attendait avec stupeur la suite des événements. Clément lui a lancé un regard noir et méprisant. J'ai essayé de trouver l'enchainement.
- Pourquoi tu dis ça ? T'es vraiment débile Roussier, ai-je lancé en prenant conscience que ce n'était pas la meilleure phrase de mon répertoire.
- Pour rien, Lemeur, pour rien.
- Et bien si tu dis des choses pour rien tu pourrais peut-être tout simplement fermer ta gueule, ai-je dis dans un large sourire. [...] Roussier a répliqué après deux secondes d'effarement.
- C'est juste que ça fait bientôt vingts minutes que vous êtes là a vous regarder dans le blanc des yeux en souriant comme deux cons. Ca me fait marrer, c'est tout.
pour le coup j'ai eu du mal a enchainer. [...] Clément n'a rien dit, s'est allumé une cigarette dont il a recraché la fumée au visage de Roussier. 
- Si ça te fait marrer, comme tu dis, c'est plutôt une bonne chose, a-t-il énoncé en regardant ostensiblement l'activité de la rue derrière les vitres du café. On peut donc continuer.

Et puis sinon, j'ai commencé a lire la série de Victor Dixen Le cas Jack Spark.
J'ai lu le premier tome (Eté Mutant) à une vitesse folle, par ce que l'intrigue était vraiment sympa et les personnages plutôt cools. Il y a de très bonnes choses. Une action progressive et bien menée. Un personnage principal auquel on a parfois envie de donner des claques... Et ce qui es formidable, c'est que c'est voulu. C'est vraiment bien fait à cet égard. On s’inquiète pour nos héros, on s'interroge, on s'investit. 
Bon malheureusement il y a aussi de gros, très gros défauts. Des facilités scénaristiques par exemple. 
C'est un peu dommage de se donner autant de mal pour introduire des éléments mystérieux, et de tout résoudre, tout expliquer en deux monologues de trois pages qui décrivent l'univers. Pour expérimenter moi-même un peu l'écriture, je sais que c'est tentant, de pondre un pavé ou tu expliques tout ce qu'il y a savoir et ainsi, présenter exhaustivement ce que tu as imaginé. Mais à la lecture ça ne passe pas. Du tout. 
Il y a, comme je le disais une assez bonne maitrise des personnages, en particulier celui de Josh qui m'a beaucoup plu dès le début. 
Mais en commençant le Tome 2 (Automne traqué), je me rend compte que le temps que l'auteur a prit pour introduire ce perso, il le gache en bâclant une histoire, pour le moins improbable, et qui permet de créer des liens à la va vite entre des personnages qui n'en avaient pas tant. Pourtant la scène du "Oui" était bien. Mais ça n'aurait pas été un mal qu'elle arrive plus tard, bien plus tard, et encore une fois que les révélations n'arrivent pas d'un coup de manière miraculeuse. Bon.. Affaire à suivre. J'en reparlerai quand j'aurais avancé dans la série.

-Pause musicale de transition par ce que je ne sais pas faire les transitions-

Sinon, je fais des veilles de nuit. Bon. J’espère que vous vous en foutez, mais ça me permet de passer pas mal de temps a regarder des séries. 

Cette semaine, je me suis donc fais l’intégrale des deux saisons de Once Upon a Time. J'avais repéré cette série avant qu'elle ne sorte et je n'avais encore jamais pris le temps de la regarder. Je ne sais pas si vous aviez remarqué que j'étais un peu branchée Contes ? Bon en tout cas, c'est clair que le concept me botte grave.
Les histoires croisées entre le présent a Storybrooke et le passé, dans la foret enchantée c'est plutôt cool (même si j'ai remarqué qu'a part quelques histoires spécifiques, les passages dans la foret enchanté m'ennuient assez). 
C'est tout le paradoxe de cette série. Les intrigues sont bien trouvées, j'ai carrément envie de savoir la suite MAIS... Ben 9 fois sur 10 ça me gonfle de devoir me taper le matage des épisode pour savoir ce qu'il se passe. Si je n'avais pas des nuits à occuper, je pense que ça fait un bail que je serais aller lire le spoiler des épisodes sur Wikipédia. L'histoire se traine et... Bon il y a bien quelques personnages que j’apprécie beaucoup (Rumplestelskin, Belle, Red...). Le soucis c'est qu'il y en a aussi qui me sortent par les yeux. Mais vraiment hein. Si je pouvais entré dans l'écran pour aller leur éclater la tête contre le mur, ça serait avec grand plaisir. 
En tête de cette liste on trouve Snow-White et David. Sans déconner, ces deux là... Mais je les hais au delà de toute mesure. Ils sont chiant, ils sont niais, il sont mous, ils sont débiles et en plus... Tout le monde les kiff comme si ils avaient la classe.
L'autre personnage qui m’insupporte c'est Hook. Cet espèce de beau gosse, créer pour avoir la classe et pour assouvir le fantasme du pirate.. AAARG ! Mais brulez lui la tronche avec de l'acide par pitié !
Bref, la sur-présence de ces persos m'a rendu le visionnage de la saison 2 carrément pénible.
L'ensemble est globalement beaucoup trop caricatural. Le personnage de Regina (The evil queen) est complétement sous-exploité. Cela dit, l'univers me plait, et la fin de la saison me donne horriblement envie de connaitre la suite de l'histoire. Ils ont intérêt a relever le niveau par ce que il y a du potentiel.

Dans un style très (très) différent, j'ai été au ciné hier pour voir Wolverine, le combat de l'immortel (James Mangold) Alors soyons clair, je ne m'attendais pas à un bon film...  J'y allais pour voir Hugh Jackman transpirer de la testostérone par les yeux, hein, il ne faut pas se le cacher.  Globalement j'avais bien raison. c'était assez pitoyable. Attention : j'ai passé un bon moment. Mais c'était quand même très nul. 
On a le droit a toutes les erreurs et les clichés possibles :
Un gros dur, hanté par son amour perdu et sa culpabilité, des yakuzas et des ninjas, un grand méchant machiavélique qui se fait niquer comme un con, un gros robot indestructible, une romance improbable et violemment cheatée, une héroïne needy, une héroïne super indépendante, des clichés racistes sur le Japon, des changements de fringues impossibles d'un plan a l'autre, des punshlines, des sous-fifres de méchant idiots, un méchant qui devient gentil a la fin et qui crève comme une merde pour se racheter. On va de rebondissements creux, en scènes d'action tellement improbables qu'elles sont drôles, en passant par des moment sentimentaux d'un réalisme a couper le souffle; 
Non, non, c'était convenablement pourri. Je ne suis pas déçue de ma soirée =D.

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I know who you are. I know I'm quiet ans I know... I should speak more. 
But if you knew th things that were in my head most of time, you'd know what I really meant.
How... How much we're alike and.. How we've been thought things...
And... you're not small. You're beautiful.

Bien à vous, Scrat

lundi 22 avril 2013

Hamac

Lecture en cours : Niji-iro Togarashi - Mitsuru Adachi

Clope et Aristide Bruant (non pas d'un point de vu alimentaire)

Scrat a enclenché le bouton "super angoisse". Damned, c'est la première fois que je vais prendre l'avion toute seule. J’espère ne pas me paumer dans l’aéroport (ça serait assez mon genre). 
Mais je prend une pause pour écrire ici entre deux vérification de bagage ...

Bon avant mon grand départ chez Caribou-Land je vais quand même faire le tour des news.
Commençons par la littérature. Rien de très fou fou. J'ai juste terminé Le journal de Mr Darcy d'Amanda Grange, qui comme son nom l'indique, est le journal de Darcy durant les événements de Orgueils et Préjugés. Bon .. Je ne vais pas cracher dessus par ce que je l'ai lu à une vitesse folle et que je ne me suis pas emmerdé. Mais quand même. On est pas sur de la grande littérature, hein. Loin de là. Qu'est-ce que c'est niaisou ! Et puis bon.. Contrairement à Jane Austen, le style ne donne aucun volume à l'histoire, puisque du style, il n'y en a point. C'est assez plan-plan, je ne sais pas si c'est la traduction ou quoi mais le vocabulaire est désespérément pauvre. Bref c'est assez inintéressant à la réflexion. Mais bon ça se laisse lire quand même. J'aime bien les ré-écriture du type malgré tout.

Ah si quand même. J'ai lu le tome 3 de City Hall! C'est coooooooool ! Troisième tome et fin du
premier cycle à la hauteur des deux premiers. Révélation un peu "Badaboum", baston, action, des persos toujours aussi sympathiques.  J'aime les tapage d'incrust' d'auteurs divers et variés. Et le personnage du Corbeau a un super potentiel classe.
Non vraiment c'est très chouette. Le bémol de l’extrême c'est qu'évidemment la suite ne pointera pas son nez avant un moment. Vaut mieux être prévenu avant d'attaquer.

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Movie's night un peu avortée avec J.  Cependant ça m'a quand même donné l'occasion de découvrir Bienvenu à Gattaca (Andrew Niccol) qui trainait sur mon disque dur depuis genre deux ans. 
On veut partir plus que tout et au moment de s'en aller on trouve une raison de rester. 
Tiens bah oui. Un peu.
Indépendamment de ça, c'est quand même une petite bombe ce film. j'imagine que je suis bien à la bourre pour le dire mais quand même. Sacré scénario, bonne gestion du suspens. De la SF d'anticipation fort intéressante au niveau réflexion. J'ai trouvé ça extra. Le personnage de Jude Law est particulièrement cool (Non alors là, je ne vois pas ce que vous voulez dire, ça n'a aucun rapport avec Jude Law en lui même. Presque pas.). Bref c'était un très bon moment, avec une fin en demi-teinte, comme il faut pour qu'on y croit quand même. 

- Vincent! How are you doing this Vincent? How have you done any of this? We have to go back. 
-  It's too late for that. We're closer to the other side. 
-  What other side? You wanna drown us both? 
- You wanna know how I did it? This is how I did it Anton. I never saved anything for the swim back. 

Sinon je me suis offert une session ciné hier en allant voir Les Croods (Chris Sanders). 
Décidément ils se multiplient en ce moment. Les signes qui me gueulent "He faut être un peu plus heureux que ça ma vieille, faut aller de l'avant.", je veux dire. Par ce que ce dessin-animé c'est un peu ça. Bon rien de révolutionnaire, on est pas face à un scenario fracassant d'originalité mais c'est quand même vachement bien. Ça ne sombre pas trop dans le cliché malgré les risques pris. C'est marrant, c'est un peu touchant des fois. Visuellement ça claque aussi et les bestioles sont vraiment chouettes. Entre les minous multicolores super agressifs, les chat-hiboux bouffeurs d'humain, les tortues volantes, le paresseux rose espiègle. 
C'est l'apologie de la ruse. Du cerveau sur la force et sur les liens de la famille. Ouais rien de follement original. Mais je suis bien contente de ne pas l'avoir raté.
Faut jamais pas avoir peur ! 
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Aller sur ces bonne paroles, je vais aller re-vérifier ma valise. On est jamais trop prudent.
Et pis je vais écouter un soupçon d'Imagine Dragon. Aussi. =) 


Toutes les bonnes choses ont peut-être une fin mais elles ont aussi un commencement. 

François Garagnon

Bien à vous, Scrat

samedi 23 mars 2013

Clairière

Lecture en cours : Fables "La marche des soldats de bois" - Bill Willingham


Clope traditionnelle et un peu de Woodkid pour l'ambiance. 
Horoscope Scratien de la semaine :  
Votre vie sentimentale se colore 
de solitude et d'alcool. C'est joli.  

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Me suis remise à lire. Ça fait un bien fou.  
Du coup j'ai passé moins de temps au ciné que d'habitude. 
En fait la seule nouveauté c'est Hansel et Gretel : Witch Hunter (Tommy Wirkola). On va être concis : ce n'est pas un film à prendre au premier degré. Mais alors vraiment pas. C'est quasiment à classer dans les nanards en fait. Grosso modo voila le synopsis (vous allez en rester soufflés) :
Hansel et Gretel on été abandonnés par leur parents quand ils étaient gosses et ont atterrit chez une sorcière aussi laide que débile à qui ils ont fait la peau en la cramant. Jusque là, vous connaissez l'histoire. Les deux loulous commencent dès lors, à se spécialiser dans la chasse aux sorcières et commencent à jouir d'une certaine notoriété. Armés comme des gros barbares (d’où leur viennent leurs armes hyper-sophistiquées ? On en sait rien)  ils pinent de la sorcière matin, midi et soir. 
Les voila bientôt dans une bourgade ou on constate de sordides disparition d'enfants et où le shérif (qui a tellement la tête de l’emploi que les réalisateur auraient eu plus vite fait de lui écrire "Je suis bête et méchant" sur le front) accuse une magnifique rouquine d'être une sorcière responsable de ces drames. Heureusement Hansel et Gretel sont là pour voir au premier coup d’œil que la donzelle est saine (et bonne) et donc pas une vilaine sorcière. 
Bref après ce sauvetage qui se solde - Mais quelle surprise !- Par les yeux doux de la rousse victime à Hansel, nos deux frangin-frangine se mettent à enquêter. Mais pas bêtes, il ne vont pas dans la forêt des sorcières la nuit. Le shérif, corniaud et vaniteux comme c'est pas permis envoie donc des rabatteurs pour devancer nos chasseurs de prime. ERREUR. Les bougres se font butter dans une effusion de sang-sauce-tomate tout à fait réaliste. Pendant ce temps là, Hansel recroise la rouquine (appelons là Mina) qui le drague ouvertement, mais lui, un peu brute et benêt ne capte rien et ne flaire pas le moins du monde l'embuche quand elle lui demande "Ça ne vous est jamais arrivé de ne pas vouloir tuer une sorcière?" Hiiiinhiin ! Suspens ! 
Je vous passe des péripéties dont l'originalité n'a d'égal que la prouesse technique. V'la ti pas qu'on découvre qu'en fait la maman d'Hansel et Gretel était une sorcière, mais une gentille sorcière. Et qu'elle les a abandonné pour les sauver. Que c'est touchant. Mais du coup Gretel est une sorcière aussi. Dingue ça ! Je ne l'avais absolument pas vu venir. 
Bref la pauvre chérie se fait embarquer par un trio de sorcières mais grâce à des associations totalement improbables (Hansel et Mina, qui - incroyable- est une sorcière blanche elle aussi / Gretel et un troll qui sert les vilaine sorcières mais qui est gentil en vrai et qui porte le nom d'Edward) Ils finissent par faire échouer les plans de la communauté de bougresses et a les dézinguer à la sulfateuse (je vous promet!). 
Toutes les deux minutes il y a une effusion de sang gratos. Toutes les cinq minutes, une pseudo-punshline. Et un plan sur deux met en valeur les seins de Gretel. 
Bref c'est assez nul. J'ai passé un très bon moment. =D

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Mais bon, comme je le disais tout à l'heure, c'est plutôt les bouquins qui ont été à l'honneur ces derniers temps. 
Indépendamment du Tome 17 de Pandora Hearts (ça roxxe, ça roxxe et ça re-roxxe derrière) et de mon avancement progressif dans les épisode de Fables, j'ai lu deux trucs un peu plus conséquents, qui m'ont occupés plus d'une heure. 
Tout d'abord, le premier tome de la trilogie de la lune de Johan Heliot soit La lune seule le sait. 
Premier roman de Steampunk français paraitrait-il. Et très franchement ça déboite. Le nombre de perles au niveau des idées est impossible à compter. Le contexte est super bien amené, les personnages bien foutus et bien gerés, le suspens dosé comme il faut, les rebondissements, parfaitement parfaits. Et je ne parle même pas des Aliens qui sont, genre, les mieux pensés que j'ai jamais croisés. 
De la poésie, de l'action, de l'histoire, des voyages, de l'intrigue. Ah oui non, vraiment, c'est tout à fait bon. Et avec un style pas dégueulasse en plus. Vraiment sympa à lire. 

Mais revenons à nos lamas. Cet article risque de devenir long et chiant à partir de ce point par ce que j'ai aussi lu King Kong Théorie de Virgine Despentes. A vos risques et périls donc. 

King Kong Théorie... Je me suis lancé après avoir lu le billet sur le sujet posté par Arcadiane. 
Autant dire que ce n'était pas gagné-gagné. Il y a trois ans, j'ai lu  Boys,boys,boys de Joy Sorman et je crois que jamais un livre ne m'avait autant mise hors de moi. 
Pour une raison ou une autre, je voyais Virginie Despentes comme une copine de Joy Sorman et je n'avais pas du tout envie de relire un délire insupportable dans le style de Boys,boys boys. 

 J'écris de chez les moches, pour les moches, les vieilles, les camionneuses, les frigides, les mal baisées, les imbaisables, les hystérique, les tarées, toutes les exclues du grand marché à la bonne meuf. [...] Je trouve ça formidable qu'il y ait des femmes qui aiment séduire, qui sachent séduire, d'autres se faire épouser, des qui sentent le sexe et d'autres le gâteau du goûter des enfants qui sortent de l'école. Formidable qu'il y en ait de très douces, d'autres épanouies dans leur féminité, qu'il y en ait de jeunes, très belles, d'autres coquettes et rayonnantes. Franchement, je suis bien contente pour toutes celles à qui les choses telles qu'elles sont conviennent. C'est dit sans la moindre ironie. Il se trouve simplement que je ne fais pas partie de celles-là. Bien sûr que je n'écrirais pas ce que j'écris si j'étais belle, belle à changer l'attitude de tous les hommes que je croise [...] Quand j'étais au RMI, je ne ressentais aucune honte d'être exclue, juste de la colère. c'est la même chose en tant que femme. Je ne ressens aucune honte de ne pas être une super bonne meuf. En revanche je suis verte de rage qu'en tant que fille qui intéresse peu les hommes, on cherche sans cesse à me faire savoir que je ne devrais même pas être là. [...] Les héroïnes contemporaines aiment les hommes, les rencontrent facilement, couchent avec eux en deux chapitres, elles jouissent en quatre lignes et elle aime toutes le sexe. La figure de looseuse de la féminité m'est plus que sympathique, elle m'est essentielle. [...] je préfère ceux qui n'y arrive pas pour la simple et bonne raison que je n'y arrive pas très bien moi-même.

Bon très honnêtement, ce livre est loin d'être parfait et je suis loin, très loin d'être d'accord avec tout. A commencé par cette habitude de parler de "les hommes" et de "les femmes" comme des groupes compacts soumis à des vérités générales. Ne serait-ce par par ce que ça n'aide pasàa effacer la frontière entre les sexes. Je suis aussi très très trèèèèèèèèèèèès retentissante face à une expression comme "La femme virile". 
Mais bon, en vérité il faut bien en passer par là pour pouvoir dire ce que l'on a a dire. L'auteur elle-même nuance rapidement ses propos grâce à l'intervention de certains passages. Et puis on sent qu'on est face a un être humain qui donne son opinion, de manière nette et tranchée mais qui n'essaie pas de l'appliquer systématiquement à n'importe qui, n'importe comment. Donc au final, malgré quelques moments de grimace, j'ai trouvé globalement le propos très intéressant.
 Le passage sur le viol est notamment vraiment passionnant. Le nombre de phrases qui m'ont fait des déclics est grand. 

Jusque récemment resté tabou et impensable, l'orgasme féminin fait son apparition dans le langage courant à partir des années 70. Rapidement, il est deux fois retourné contre les femmes. Premièrement, en nous faisant comprendre que nous sommes dans l’échec si ne ne jouissons pas [...]. Une seconde fois, par ce que les hommes se sont aussitôt emparé de cet orgasme féminin : ils sont ceux par qui la femme doit jouir. 

Maïa Mazaurette et Virginie Despentes sont deux faces d'une même pièce. Rien ne semble pouvoir les rassembler, et elles envisagent leur rapport aux hommes de manière radicalement différente. Je ne pense pas que ces deux femmes puissent s'entendre vraiment (je n'en sais rien, notez bien.. j'imagine) Et pourtant, les points communs sont nombreux. dans le discours de fond, on retrouve les même choses. Pas les mêmes réponse mais les même questions, toujours. 
Plus je lis sur le féminisme et plus il me parle. Le problème c'est que pour autant, je n'ai jamais lu un livre qui parle de moi. Je repêche des morceaux de miroir à droite et à gauche mais j'ai l'impression d'être souvent face à des stéréotypes ou du moins des genre dans lequels je n'entre jamais parfaitement. Ce n'est pas évident, de ne pas pouvoir adhérer à quelque chose en bloc. 
Par exemple, Virginie Despentes associe très clairement la féminité à la douceur. 
Je suis quelqu'un de doux. 
Pas toujours. Je peux me montrer bruyante, vulgaire, agressive. Mais fondamentalement, je suis douce. Vraiment. Et je ne me suis jamais sentie féminine pour autant. Pour moi ma douceur n'a rien de féminin, elle est juste douce. 
C'est cela qui me pose problème dans le féminisme tel qu'on en parle aujourd'hui. Par ce que je trouve ça anti-feministe d'accorder des attributs particuliers a la féminité.  Quels qu'ils soit. 
J'ai aussi beaucoup de mal avec la diabolisation des mecs. Je trouve que bien souvent on ne tient pas compte de l'être humain derrière le genre. Et ça me dérange vraiment. 
Cependant une chose est sure. J'ai des amis mecs, des un peu machos, des qui ont le syndrome du chevalier-servant, des qui respectent les femmes, même certains qui se proclament féministes. Je les adore. Mais je n'ai trouvé en aucun d'eux un véritable sentiment d'égalité totale. Tous m'ont au moins dit une fois "Vous les filles..."
Très souvent quand j'organise des "soirée meuf", mes amies sont arrivées penaudes par ce que le boyfriend ne kiffaient pas le concept. Par ce qu'ils râlaient d'être exclu ou laisser tout seul. Je ne sais pas quoi en penser, mais clairement, j'ai l'impression que c'est par ce que sont des "soirée entre filles". Comme si on allait comploter je ne sais quoi. Se monter la tête contre eux. 
Ça arrive, c'est vrai; ça n'a rien de specifiquement féminin, c'est juste un effet de groupe. 
Qu'on se le dise une bonne fois pour toute, on appelle ces soirées là comme ça par ce que, de fait, on se retrouve entre nanas. Mais je ne pense pas que ça soit vraiment lié à des attributs féminins quelconque. 

Il n'y a pas pire que d'être une femme jugée par des mecs. Tous les coups sont permis, à commencer par les plus crades. On est même pas des étrangères : on est sous-titrées, tout le temps, par ce qu'on ne sait pas ce qu'on a dire. On ne le sait pas aussi bien que les mâles dominants, qui sont habitués depuis des siècles à écrire des livres sur la question de notre féminité et de ce qu'elle implique.

En fait, le problème du féminisme c'est qu'on en parle pas. Je connais plein de gens comme ça, des mecs surtout (c'est juste un constat) qui font des blagues sur le sujet. Franchement, l'humour misogyne ne me dérange pas, ça m'amuse autant de l'humour raciste. C'est de l'humour quoi.  Non ce qui m'emmerde c'est que ça ferme la porte à toute conversation. Ce qui m'emmerde c’est les gens qui déconnent en disant " Ah les féministes, quelle bande de reloues" mais qui "n'en pensent pas un mot". Par ce que ça ferme le débat, ça fait qu'on humilie ta prise de position et que c’est impossible, je dis bien impossible d'aborder le sujet pour de vrai. On va forcement tourner ton truc en dérision et si tu t’énerve le sujet deviendra "mais enfin tu sais bien que je ne le pense pas" au lieu d'être ce que l'on pense vraiment. 
Je suis tellement habituée que je rigole, j'en rajoute ou je ferme ma gueule. Il semblerait que bien malgré moi, la societé m'est faite femme et donc qu'il faille que je m'excuse de penser que ce que je suis ne suffit pas. "Excusez-moi de vous demandez pardon mais vous offensez mon vagin avec vos conneries. "
Je suis la première à grimacer devant la radicalité de certaines féministes. Mais en même temps, quand je me retrouve face à un mec qui me dit "Ouais y'a aucune nuance, les féministe rejettent tout en bloc, nous mettent tous dans le même panier de connards, c'est trop radical, c'est pas si simple". J'ai quand même envie de rigoler. C'est chiant les généralités, les étiquettes hein ? C'est ça que tu ne supporte pas ? C'est exactement contre ça qu'on gueule ! 
Alors oui, je suis d'accord, c'est pas si simple. Et certains des trucs soulignés par Virginie Despentes (que la femme fantasmée de l'homme est un mec, que les mec préféreront toujours être aimé des mecs) feront hérissé les poils de la plupart des gens que je connais. Mais ça mérite d'être dit, pas par ce que c’est vrai mais par ce que les réactions illustrent très bien le problème. 
 Les amis dont je parle pensent, en toute bonne foi, ne pas être concerné par le machisme. Ils n'ont pas à en parler puisque les reproches fait à la catégorie des "mecs" ne s'appliquent pas a eux.  
C'est faux. Les trois quart du temps, ils s'appliquent même à moi.

Il ne s'agit pas d'opposer les petits avantages des femmes aux petits acquis des hommes, mais bien de tout foutre en l'air. 

Ces livres là, n'ont pas raison sur toute la ligne mais ils me poussent à dire que je suis féministe. A ma manière. Peut-être pas assez pour que quoi que ça soit change. Peut-être mal, peut-être pas de manière logique ou construite.
Mais putain oui, je suis féministe. Par ce que je n'ai pas le choix

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Bon sur ce... J'ai bien conscience de m'être un peu emballée. Alors histoire d'adoucir, je vous propose d'écouter un groupe que j'ai découvert à la bibliothèque des CL et qui fait un peu de bien quand même. Fragment. 

Bien a vous, Scrat

mercredi 27 février 2013

Maison de pain d'épices

Ouais.
Bon.
J'aurais pas été très inspirée en Février...

Mais qu'a cela ne tienne, ne changeons pas les bonnes habitudes pour autant :
Thé Vanille et Cigarette et Pleasurkraft.


Alors par où commencer ? Oui par ce qu'une fois n'est pas coutume j'ai pleiiiin de trucs à dire.
Je ne reviendrais pas sur La coureuse de Maia Mazaurette (que j'ai finis il y a un moment déjà.) si ce n'est pour confirmer le fait que j'ai vraiment apprécié cette lecture.

On emporte pas les lieux avec nous - je crois que c'est l'inverse, qu'on laisse des morceaux de soi à chaque endroit qui nous remue. A trente-trois ans [...] je suis éparpillée jusqu’à l'inconciliable. Un morceau à Rome, un lambeau à Kiev, une ruine à Montréal, un fragment en haut du Jotunheimen [...]

Et du coup, j'ai enchainé avec un truc mais alors carrément différent : Le dernier Fabrice Colin. Bah oui. Ça aurait sonné bizarrement mal si j'étais passée à côté. 
Je me suis donc plongée dans 49 jours , que j'ai du lire en 49 heures grand max.
Que puis-je en dire donc ?  Il y a un genre de régularité dans mes appréciations des livres de Fabrice Colin. Je suis toujours époustouflée par le style. Par la beauté de certaines phrases, par le rythme de lecture si fluide, si évident, par la poésie des images.  Oui non, clairement, j'aime cet auteur en grande partie pour ses talents stylistiques !
Bon évidement. Il y a aussi de grands défauts, que je vais avoir du mal à développer sans spoiler toute l'histoire. Disons que ça va vite. D'une part. Les éléments s'enchainent de telle sorte qu'on a pas vraiment le temps de s'attarder sur les différentes étapes traversées par Floryan. Du coup, pas de chance, les émotions n'ont pas le temps de s'installer et ça brise un peu les effets de surprise. D'autant plus que Colin utilise des paralepses pas très subtiles (par définition sans doute) qui orientent beaucoup la manière dont on va percevoir la suite des événements. Ce procédé ne nous laisse pas le délice de la chute, du suspens, de l'angoisse ou des doutes qui s'installent. Non. les doutes nous sont donnés prémâchés. Ce qui est un peu dommage je crois.
D'autre part le récit est très divisé. Par lieux et par moments. On voit sans peine le squelette de l'histoire. J'aurais apprécié un peu plus d'homogénéité, des retours en arrière, des temps plus courts, des interruptions. Avec toutes ces réalités à tiroirs, ça aurait pu être un truc dément. Là non. 
Dernier point qui m'a fait tiquer (et là je le dis : ATTENTION SPOILEUR DE L’EXTRÊME) : il y a des incohérences. Certes vu la complexité de l'univers, c'était un risque mais tout de même, je n'ai pu m’empêcher d'être déçue. Par exemple : A un moment, le voyage dans le futur est bloqué. Un événement se fige en pleine action. Bon très bien, j'ai trouvé le concept super. Problème : quelques temps plus tard, Floryan se replonge dans le futur et obtient la suite des événements. Le futur est toujours "bouché" mais plus loin. Heu ... Comment dire ? Non. Ou alors c'est admettre que la temporalité de Floryan est synchronisée à celle de Rain. Qu'en avançant dans sa ligne temporelle, Floryan avance dans la ligne temporelle du Monde réel. Et même si on admet ça il manque quand même de grosses explications : Où s’arrête le futur pour les personnes mortes avant lui par exemple ?
Voila, c'était juste un échantillon des choses qui m'ont vraiment parasité et je ne développerai pas ce point davantage. (FIN DU SPOILEUR DE L’EXTRÊME)
Ceci étant dit... On est quand même face a un univers incroyablement riche qui explique les erreurs sus-nommées. Les idées sont GÉNIALES. Les personnages en demi-teinte, très appréciables et la réflexion sur le monde, sur la mort, sur le temps, sur la guerre est pointue, délicate et presque.. ma foi... je dirais "réaliste".
L'intrigue est difficile à lâcher et les différentes ambiances sont tout de même parfaitement maitrisées.
La fin est un peu abrupte. Mais puisque qu'il s'agit d'un premier tome, le reproche est très minime. J'attends de voir comment la suite sera exploitée et j’espère que rien ne sera laissé en plan.
Petit point Bonus : J'adore l'illustration de couverture. 
Petit point Bonus 2 : Je veux un Altar pour mon anniversaire. 

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Amis des Bulles Bonsoir. C'est à retardement que je découvre la série de comics Fables de Bill Willingham. 
Le concept est mortel, même si ça sonne un peu moins original à l'heure actuelle que ça ne devait l'être en 2002. Concrètement, l'auteur reprend des personnages de Contes pour leur créer une réalité commune et, non content de cela, les fait évoluer parmi nos contemporains ( "Les communs". Des moldus en résumé.)
En vrac on trouve la Belle et la Bête, Blanche Neige, Le grand méchant loup (mon personnage préféré ça va de soi), Boucle d'or, Barbe Bleue etc...
Le tout sur fond d’enquête, d'intrigue, de révolution... A vrai dire je n'ai lu que les deux premiers tomes pour le moment, mais j’apprécie les multiples références et la manière dont elles sont exploitées, pour donner lieu à quelque chose de complétement nouveau. 
De toute façon j'adore les remix de contes et les anachronismes dans la féerie. 

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Au niveau ciné, je suis plus dans le re-visionnage qu'autre chose. Cependant, hier soir je me suis laissée aller à regarder Blanche-Neige (non, par la daube avec Kristen Stewart mais la version de  Tarsem Singh). Le mot adéquat c'est "sympathique". Oui, oui, le coté un peu condescendent est servit avec.  Les décors sont très chouettes, l'histoire est remaniée pour lui donner un peu de souffle ce qui est ... Ben sympathique hein, je trouve pas mieux ! Y'a deux-trois touches d'humour et de "décalage",  pas de quoi se taper les mains sur les cuisses mais ça peut faire sourire.
Le truc vraiment bien, qui évite à ce film d'être classé dans les "Adaptation-de-conte-en-romance-pour-meuf-fadasse", c'est Julia Roberts et le personnage qu'elle interprète. On sent bien qu'elle a un meilleur bagage d'actrice derrière elle. Le personnage de la méchante Belle-Mère n'a pas l'air complétement cheaté (comme les autres ..) malgré les facilités prises, juste par ce que l'interpretation est sympa (on retombe dessus, décidément). Bref ça se regarde quand on a pas envie de réfléchir. Et a mon avis ça ne se grave pas dans la mémoire. Loin de là. Mais pour un moment présent un peu easy, c'est le bon truc.

Bon voila pour les News. Je pourrais aussi vous parler de Octopus, le Best-Of de Philippe Decouflé que j'ai vu la semaine dernière au théâtre mais il n'y aurait pas grand chose à en dire. C'était pas mal. Beaucoup trop morcelé pour nous faire décoller comme c'est d'habitude le cas avec ses chorégraphies.  Je me disais aussi qu'un Best-Of de danse... C'était un concept étrange. Pari pas parfaitement gagné donc, mais un joli moment quand même, qui m'a rappelé le plaisir de ses spectacles antérieurs. 

Je vous laisse sur cette angoissante question posée par Miss Tic : 

Le Masculin l'emporte. Mais pour l'emmener où ? 


Bien à vous, Scrat


lundi 18 février 2013

Pont de bois

Lecture en cours : La coureuse - Maïa Mazaurette

Donc oui, sans plus de détour, je lis La coureuse. Plusieurs raisons à ça. Primo, contrairement aux romans de Fantaisy que je meurs d'envie de lire, ça ne demande pas un gros investissement. Je peux faire une pause entre deux paragraphes ou ne pas mettre le nez dedans pendant trois jours, je ne perd rien. Par ce que le fil conducteur de l'histoire est parfaitement banal. Mais.. Secundo, le style est bon. Cette nana a l'art de tourner ses phrases comme j'aime, entre trop soutenues et très vulgaires. C'est un portrait de désillusion, une analyse décortiquant le cœur humain, bref de l'étalage d'émotion, bien comme j'aime : avec trop de prises de tête pour que ça ne sente pas la vérité à des kilomètres.
Tertio, les idées. Je ne suis pas d'accord avec tout d'ailleurs, il y a certains passages dans lesquels je ne me reconnais pas. Par ce que la chasseuse, la femme libérée, lucide et forte, ça c'est clair que je ne peux pas m'y identifier.
Mais par contre j'aime beaucoup, certaines remarques sur le fossé entre les hommes et les femmes.  Il y a des paragraphes entiers qui posent des mots sur cette espèce d'injustice qui continue à m'épuiser au quotidien. Et même si je ne suis pas la meuf soignée par excellence, je me sens concernée par ce que les mecs voudraient que je me sente concernée. Par l'épilation, le maquillage, la séduction. Je vois bien que c'est censé être normal. Que quand je dis que non, non je ne m'épile pas par ce que ça m'emmerde et que je ne vois pas pourquoi je le ferais, neuf fois sur dix j'ai le droit a un regard - voir à une remarque - en mode "Ah bah oui, mais si tu veux plaire, il faut faire des compromis hein...". Je veux plaire oui. Justement.  Je veux que des gens craquent pour moi. Pas pour mon déguisement.

[...] Quand les mecs disent qu'on a la vie facile, je voudrais les saigner [...] Je porte une ceinture qui serre ma taille et bombe mes fesses. A deux crans du confort. Je porte un push-up qui me scie les épaules, des chaussures glissantes, un foulard. Je porte les premiers pas que les mecs ne feront jamais.

Ça par exemple, je trouve ça vrai et je trouve ça hallucinant. Il y a une espèce de vérité générale à la con qui veut que les femmes peuvent choper n'importe qui. C'est faux. On est comme tout le monde on peut choper les personnes qui veulent nous baiser et les trois quart du temps pas les personnes qu'on veut baiser. Et encore, même pour ça, il faut répondre à des standard physiques et des standards comportementaux.

Dans ma réalité, ça ne se passe pas comme ça. Les mecs sympas qui passent dans ma rue, ils peuvent crever. Cet endoctrinement ne m’énerve même plus, j'y oppose la même résistance silencieuse que toutes les femmes :  non je ne coucherai pas, non merci je ne veux pas ton numéro de téléphone. Remarquez comme on est polies, on dit "non, merci",  on ne dit pas "non, ta gueule".

Bref je ne m'aventurerai pas plus loin, mais pour faire court ce livre me plait, j'aime ce qu'il déterre et ce qu'il met en lumière. Maïa Mazaurette vire le maquillage des relations, de certaines relations en tout cas et ce ton désespéré, désillusionné a quelque chose de rafraichissant. Vraiment.

 

A part ça j'ai passé pas mal de temps à regarder des trucs. Par ce que j'avais la flemme de faire autre chose. Il y a eu le film Charlie Bartlett (Jon Poll) qui ne défonce pas vraiment, mais qui n'est pas trop mauvais non plus. Ça se regarde tranquillement. Pour les points positifs : les petites touches décalées, la présence de Robert Downey Junior et du Cat Stevens dans la BO. 

Sinon, grâce a F. je me suis mise à regarder la série New Girl. C'est sans doute pas la série du siècle mais c'est étonnement addictif. Je me suis envoyé les deux saisons, en une semaine, une semaine et demie.
Concrètement, c'est un scénario pas bien méchant de nana à coté de la plaque qui emménage avec trois mecs, à la ramasse aussi, chacun à leur manière.  Des gens de notre époque quoi... Petites aventures après petites aventures, c'est plutôt marrant, y'a des épisodes mieux que d'autres. Cependant j’apprécie beaucoup l'absence de rires pré-enregistrés. Et aussi.. Ah comment dire ça... le côté soft des romances. Même si c'est courut d'avance, la série prend son temps, ne cède pas à la première facilité venue. Ca crée une attente plutot sympa. Et même desfois des surprises. 
Et puis Zooey Deschanel est vraiment craquante. Accessoirement.


Dans les événements notables du mois, j'ai été au théâtre pour voir Cyrano de Bergerac.
La mise en scène (signée Dominique Pitoiset) est très moderne. Il y a presque un coté malsain à ce décors d’hôpital, comme si tous les acteurs n'étaient que les fous d'un asile. Mais très rapidement, en fait, le décors devient presque invisible.
D'abord, grâce aux textex de Edmond Rostant -bien, sur-, puisqu'il n'y a pas une virgule à changer et que cette pièce est juste... Extraordinaire (lors de la première, les gens ont applaudit pendant vingt minutes sans interruption. On comprend aisément pourquoi). Mais aussi ...
Bon, reprenons. C'est la deuxième fois que je vois Philippe Torreton sur scène. 
La première fois c'était pour Richard III et j'étais restée completement bluffée, sans souffle. Je confirme aujourd'hui mon avis sur cet acteur : Il est époustouflant. Il porte la pièce sur ses épaules avec ce qui ressemble à une aisance surhumaine. Il donne relief à ce personnage, le faisant ressortir rien que par son interpretation. Imaginez donc... La prestance du personnage de Cyrano combinée à la prestance de Torreton... 

C'était explosif. J'ai adoré.

Moi, c’est moralement que j’ai mes élégances.
Je ne m’attife pas ainsi qu’un freluquet,
Mais je suis plus soigné si je suis moins coquet;
Je ne sortirais pas avec, par négligence,
Un affront pas très bien lavé, la conscience
Jaune encore de sommeil dans le coin de son œil,
Un honneur chiffonné, des scrupules en deuil.
Mais je marche sans rien sur moi qui ne reluise,
Empanaché d’indépendance et de franchise;
Ce n’est pas une taille avantageuse, c’est
Mon âme que je cambre ainsi qu’en un corset,
Et tout couvert d’exploits qu’en rubans je m’attache,
Retroussant mon esprit ainsi qu’une moustache,
Je fais, en traversant les groupes et les ronds,
Sonner les vérités comme des éperons

Bien à vous, Scrat

mercredi 19 décembre 2012

Cloitre


Lecture en cours : City Hall - Guillaume Lapeyre & Remi Guerin

Moultes choses en plus du café du matin (oui.. Il est 14h du matin !) 


La semaine dernière j'ai été voir Bouli, année zero. 
Je ne sais pas si vous vous souvenez de Fabrice Melquiot, dont je vous avais parler là.  Toujours est-il que cette pièce de théâtre est de lui et que j'avais choisis ce spectacle rien que pour ça. 
Bref. j'ai été assez déçue. Pourtant il y avait plein de bonnes idées, à commencer par le postulat de la pièce : la vie avant la naissance. Et au niveau mise en scène il y avait des trucs très sympas. 
Mais. Est-ce les personnages ou le jeu des acteurs ? Je me suis ennuyée. Ça gueulait un peu trop et on ne croyait pas des masses à l'ensemble.
Dommage donc. 

Heureusement, j'ai "consommé" d'autres trucs plutôt bons depuis. 
Il faut dire que je me suis refait une Movie's Night avec ma rouquine J. Le thème était "Les Arnaques" et j'ai découvert trois films sur cinq. A savoir : 


Ocean's Eleven (Steven Soderbergh). C'est plutôt nice. Pas prise de tête pour deux sous. L'idée n'est pas mauvaise même si bon.. C'est moyennement réaliste (trop facile a t-on envie de dire). Le personnage de Julia Roberts ne sert carrément à rien, ce qui m'a pas mal gênée. Avec J. on avait eu un long débat sur les histoires d'amour dans la fiction. Il disait que c'était nul et que ça ne servait à rien et j'affirmais le contraire, puisque à mon humble avis, une histoire d'amour n'a pas besoin de servir à quelque chose. Elle se suffit en elle-même. Limite, c'est même la seule chose qui vaille la peine. Cela dit, devant un film comme Ocean's Eleven, je comprends mieux ce qu'il voulait dire. On sent qu'on nous a rajouté une romance à la sauvette pour élargir le public et pour le coup c'est bâclé et inutile.

Les neuf reines (Fabian Bielinsky). Alors là, c'est un autre niveau. Pourtant j'étais plutôt sceptique le premier quart d'heure. Je n'arrivais pas entrer dedans, les personnages ne m’intéressaient pas des masses et je trouvais ça un peu lent. Honte à moi par ce que le film est génial. Au bout d'un moment, je ne saurais pas vraiment dire quand, ton cerveau commence à tourner à plein régime. Qui s’apprête à arnaquer qui ? Tous les personnages sont suspects, tu ne sais pas en qui tu dois avoir confiance, si il y a des gens associés les uns aux autres, où si chacun travaille pour sa pomme. Tu élabores toutes les théories possibles et l’inquiétude grandit au fur et à mesure. Bref c'est très bien foutu et le final est à la hauteur, largement à la hauteur, ce qui est tout de même un exploit vu que tu as presque tout envisagé. 

Pour finir Arnaques, crimes et botanique ( Guy Richie). Incontestablement mon coup de cœur. Ça faisait super longtemps que tout le monde me tannait pour que je le vois et je comprends pourquoi. C'est complétement délirant, ça part dans tous les sens, chaque détail est important et ça s'embourbe, ça se relève. Tu te marres pendant la moitié du film tellement c'est perché. Ce joyeux bordel est un vrai bonheur. J'ai marché à fond. Et puis le nombre de phrases cultes... Ça pullule et évidement, c'est un bonus dont je ne me lasse pas.
" If you hold back anything, I'll kill ya. If you bend the truth or I think you're bending the truth, I'll kill ya. If you forget anything, I'll kill ya. In fact, you're gonna have to work very hard to stay alive, Nick. Now, do you understand everything I've just said? 'Cause if you don't, I'll kill ya! "

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Quart d'heure Littérature dans le Donjon scratien. Ou pour être tout à fait précise "Quart d'heure manga". 
Cette semaine, on comptabilise deux événements marquants. Le premier c'est bien sur la sortie du tome 16 de Pandora Hearts que j'attendais avec fébrilité.
Pourtant, vu que mon personnage préféré était mort dans l'épisode d'avant, j'avais vraiment perdu la motivation de lire. Je me disais "A quoi bon ? ça va forcément perdre en saveur". 
Ce qui n'est pas tout à fait faux puisqu'il me manque vraiment. Mais bon, la complexité de l'intrigue fait que je crevais d'envie de connaitre la suite alors j'ai quand même craqué. Grand bien m'en a prit par ce que cet épisode défonce. 
Dans le genre grosse révélation et "comment démêler un truc ensablé jusqu'au trognon" ça se pose.
Les dernières pages sont tellement fracassantes que je ressens une frustration démesurée à l'idée d'attendre la sortie de la suite. Surtout que pour ce que j'en sais, l'écriture du manga n'est même pas terminée au Japon.
J’espère sincèrement ne pas être déçue (non par ce que des fois je comprends des trucs, je me dis "Omygad c'est super bien trouvé" et en fait je suis à coté de la plaque. --')

Deuxième découverte de la semaine, j'ai lu / je lis City Hall. Merci à A. pour me l'avoir collé entre les pattes. 
Comment résumer ? Dans un univers steampunk -comme j'aime- une histoire très bien pensée -comme j'aime-  avec en guise de thème central le pouvoir des mots -comme j'aime-, menée par des personnages historiques détournés - comme j'aime-.
Le tout avec un graphisme très chouette, de la baston, de l'humour, du suspens et des questionnements sur le bien, le mal, le bien-fondé de la manipulation, les risques de la liberté toussa toussa. 
Ça envoie du rêve.
Jules Verne & Arthur Conan-Doyle
A voui et puis j'ai un gros faible pour le personnage de Conan-Doyle... Sans blague ;)

 

A part ça je suis retournée voir Anna Karenine avec ma très chère M. 
Je crois que si je vais si souvent au cinéma toute seule c'est que je n'aime pas parler du film après le film. 
En fait c'est juste que j'ai un rapport très égoïste aux choses que j'aime et si je peux délirer pendant des heures sur un bouquin ou un film que j'ai lu/vu, j'ai beaucoup plus de mal à supporter d'en parler avec des gens qui connaissent aussi. Je n'aime pas échanger sur ce qui me touche vraiment, j'ai l'impression qu'on m'arrache quelque chose.
Quand je me suis reconnue dans un perso, dans des phrases, dans des idées, entendre les gens donner leur avis sur le sujet, c'est comme se faire déshabiller brutalement. Ce n'est pas très agréable. 
Mais j'ai un peu honte de ressentir ça par ce que je pense que ce sont ces arts là qui sauveront le monde. Et donc qu'il est important de les faire découvrir, de les faire circuler et de les voir pour ce qu'ils sont : Un don. 
Et on ne garde pas un don pour soi. Je crois.

Si les contes de fée sont plus vrais que vrais, 
ce n'est pas par ce qu'ils disent que les Dragons existent;
les enfants le savent, 
mais par ce qu'ils disent que les Dragons peuvent être vaincus.


Bien à vous, Scrat