Je ne sais pas trop comment je vais, ce qui est mon état le plus courant.
A part ça, rhume oblige je fume moins, mais encore, car c'est un de mes rare plaisirs du quotidien avec "regarder mon chat se battre avec sa queue". Cette ville aspire mon énergie vitale c'est complétement fou.
Dans tout ce vide intersidéral, je suis tout de même arrivée au bout de ma ré-écriture de Peau d'Âne et à peine ais-je eu le temps d'en être satisfaite, voila que j'attaque autre chose, autour du mythe de Peter Pan cette fois. La tâche est d'autant plus ardue que cette histoire me tient à cœur et que ça fait quelques années qu'elle me trotte dans la tête. Faut pas que je me foire sur ce coup là.
Bref je galère a pondre mes premières lignes, ce qui est rare : en générale c'est ce que je préfère. Je pourrais passer ma vie à n'écrire que des débuts (et à en vivre aussi, je suppose).
En parlant de début, l'année dernière j'étais ressortie du salon du livre avec beaucoup trop de bouquins, dont Moi, Lucifer de Glen Duncan, que j'avais abandonné au bout de la 30e page environ. Bien que cela ne m’ait pas du tout emballée, je me suis retrouvée il y a deux semaines sans plus rien à lire sous la main (enfin rien de nouveau qui me donne envie), alors afin de passer la soirée, j'ai repris ce roman en me disant qu'il serait toujours temps de l'abandonner le lendemain. Et bien finalement pas du tout. La dernière page tournée, je dois même admettre que le résultat était TRES chouette. Sur le fond en tout cas, et je pense que tout le probleme vient de là. La forme est un long monologue qui évolue de digressions en digressions et ça explique ces débuts difficiles. Je déteste quand ça digresse trop, ça m'agace. Dans la vie, je ne supporte pas que l'on commence trois phrases à suivre sans en finir aucune et c'est globalement l'impression que 'écriture donne ici. Ça plus l'adresse direct de Lucifer (le narrateur, comme le titre le laisse supposer) a l'humanité, ponctué de "mes petits chéris", ça m'avait carrément fait grincer des dents. Donc pour la forme il m'a fallut m'habituer. mais en dehors de ça. Le propos est vraiment vraiment intelligent et ça aborde/questionne plein de choses avec pas mal de finesse. Les notions de bien, de mal, de liberté, de croyance (Le passage de Ponce Pilate est juste énorme). Bref en définitive je suis très contente de cette découverte, de cette pensée, qui vaut vraiment le coup. Dommage pour l'emballage (Narration + Trame de fond) mais pour une fois cela ne suffit pas a ruiner le livre.
Dans la foulée, j'ai aussi lu Le CV de Dieu de Jean-Michel Fournier mais c'était très moyen. Quelque bonnes idées mais plutôt superficiel, cela a été mieux fait ailleurs (cf. La nostalgie de Dieu de Marc Dubuisson ou DIEU en personne de Marc-Antoine Mathieu). Mais bon, c'était drôle de lire les deux à suivre.
Autre registre avec le prix Femina 2012 : Certaines n'avaient jamais vu la mer de Julie Otsuka. Moi qui ne suis pas adepte de l'écriture en liste (décidément c'est l'article de "l'exeption qui confirme la règle") j'ai beaucoup apprécié ce roman qui se lit en deux temps trois mouvements (ou deux jours dans mon cas). Alors ce n'est peut-ètre pas non plus la revelation du siècle mais ce choeur de japonaises émigrées a quelque chose de tout a fait hypnotisant. Se côtoient des occurrence tristes et tragiques avec des occurrences plus douces, des phrases qui sont autant de morceaux arrachés, de vies en vies. L'ensemble est mélancolique et lucide, avec une forme qui devient vite carrément poétique et ce "nous" narrateur nous englobe tout à fait. Néanmoins, la fin à mon avis rompt totalement avec le reste et casse non seulement le rythme mais aussi la logique du roman. C'est très dommage car cette boucle jusqu'a la disparition était une bonne idée et aurait pu etre bouleversante. Mais le "nous" a été mal utilisé, juste pour la fin et c'est vraiment vraiment très embêtant; personnellement ça m'a laissé sur une impression de maladresse impossible à ignorer.
Nul artiste ne sait tout mais chaque artiste en sait plus qu'il ne peut en dire. L'art est donc forcément un mensonge par ommission.
Bah le format ne semblait ne semblait pas correspondre. Ça aurait fait un (très) bon court-métrage mais en film d'un heure et demi ça se traine vachement et si la lenteur fait partie intégrante du film, les rallonges de certaines scènes affadissent le propos. Bref un film sympa mais vraiment sans plus, pas très vibrant. A tester mais peut-ètre pas en salle.

Découverte d'un classique que l'on m'avait de nombreuse fois recommandé : Le festin de Babette (Gabriel Axel). Là encore la lenteur et la sobriété sont maitresse (non ce n'est pas un blockbuster de super-héros, désolé de vous décevoir ) et je n'ai au fond pas grand chose a y ajouter. L'ensemble est très sensible même si ça ne m'a pas bouleversée, on sent que les héros du film sont davantage les non-dits, les supposés, les esquissés. Mais c'est agréable (et ça donne un peu l'eau a la bouche quand même, le titre n'étant pas trop menteur). Pour ceux qui ne l'auraient pas vu, je vous conseille de ne pas lire de résumé au préalable car toute l'histoire y est contée. Ce n'est pas tragique mais tant qu'a faire je pense qu'il vaut mieux y aller complétement en aveugle.


You never took up smoking because you remained a child.
Children are the only ones that never get the urge to smoke.
Bien à vous, Scrat
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