vendredi 22 août 2014

Labyrinthe

Lecture en cours : Porcelaine - Estelle Faye


Glandouille au lit et Réveil Tardif. Mon (bébé) chat est en train de mener un combat épique contre la couette. Et je ne vous cacherai pas que la couette est en train de gagner.

Rythme de nuit oblige j'ai fort peu lu ces dernières semaines, à deux exception près. Tout d'abord la bande dessinée de Chloé Cruchaudet Mauvais genre qui nous relate l'histoire (vraie & légèrement romancée) de Paul Grappe, déserteur de 14-18, qui pour échapper à la justice s'est dissimulé dans le rôle d'une femme. La BD est chouette. Le dessin tout en noir et blanc ne fait ressortir que le rouge (comme souvent) mais les coup de crayon très doux rend l'ensemble vraiment joli. L'histoire quand à elle... Fort intéressante, surtout quand, comme moi, on s’intéresse à la question des genre et du corps.  Bon le format est sans doute un peu trop court pour faire le tour de ce sujet et Mauvais genre, ne fait qu'esquisser une histoire sans prendre position, jouant un peu avec la réalité historique.


Sinon j'ai aussi testé pour vous (haem) Thomas Day et son roman L'instinct de l’équarrisseur.  Je suis drolement mitigée sur cette lecture. Disons que ça grouille de supers idées, de concepts marrants, comme celui de ce monde parallèle, très semblable à notre propre 19e siècle mais qui aurait bénéficié des avancées d'une culture extraterrestre ou encore de ce duo nettement plus équilibré Holmes/Watson. Y'a plein de références à plein de personnages connus dans un monde et dans l'autre et ça, j'aime bien.
Cependant il y a aussi des trucs qui passent assez mal. Bon déjà la multiplication d'intrigues, à la limite ça aurait pu être découpé en une série de nouvelles vu les différences d'ambiances. Ensuite, pour une raison que j'ignore, quand les auteurs choisissent de faire de Conan Doyle un personnage je trouve que c'est souvent assez foireux et ça ne loupe pas ici : on a strictement aucune empathie pour ce mec. Et puis pour finir la liste des défauts, je n'ai pas du tout aimé le personnage de "Shiva". Je n'ai pas pu m'empêcher (et je sais que vous aller me dire que je suis chiante) de trouver ça sexiste et nul, de dresser le portrait d'une femme impitoyable en la faisant baiser à chaque fois qu'elle apparait. Comme si la femme maléfique était forcément une bête de sexe (ou l'inverse. Ce qui me pose problème c'est que les deux soit encore aussi facilement liés dans l'imaginaire collectif) Bref. C'était sympa à lire en pointillé sans plus, alors que ça aurait pu déboiter.

Des projectiles de pierre avaient percé la totalité des vitraux 
comme si l'on avait voulu crever les yeux de Dieu

Bon voila pour la lecture, passons a autre chose, comme par exemple le méga coup-de-coeur du moment soit la série Community que ma très chère F. m'avait déjà recommandé à mainte reprises.
Que dire? En plus d'un format vingt-minutes-sans-rires-prééenregistrés (ce qui est le truc le plus simple et agréable à regarder), cette série complétement barrée est absolument géniale. On y suit un groupe d'étude hétéroclite évoluant dans un "community college" ainsi qu'un certain nombre de personnages collatéraux tous plus timbrés les uns que les autres. Cette série qui n'hésite pas à jouer sur le méta,  est bourrée raz-la-gueule de toutes les références filmiques possibles et imaginables. Ce qui donne un grand n'importe quoi délirant, totalement assumé et revendiqué. La plupart des épisodes s'inspirent des constructions clichés d'autre type de série /  de films. En vrac on a un épisode attaque-zombie (sur fond de Abba.. \o/) , un épisode documentaire de guerre (de polochon), un épisode enquète-ricaine-bidon, un épisode comédie musicale, un épisode western et j'en passe. C'est vraiment excellent, drôle et parfois vraiment sensible.
Soit dit en passant, je suis tombée follement amoureuse du personnage de Abed. Ce qui n'a rien d'original, je pense que tout le monde adore Abed mais je ne sais pas... J'ai tendance à tombée amoureuse des personnages de fiction qui me touchent trop profondément, jusqu’à ce que ça fasse mal qu'ils ne soient pas réels. C'est assez con, je sais. Mais quoi qu'il en soit, c'est une série à voir et à revoir sans hésiter. 


- I'm saying you're a football player. It's in your blood
- That's racist
- Your soul
- That's racist
- ... Your eyes ?
- That's gay ? 
- That's homophob !
- Eh. That's black.
- THAT's racist.
- Damned...

Regarder ces cinq saison d'affilée (on appelle ça le Binge-watching et il parait que c'est le mal) ça m'a  prit un peu de temps. Mais bon, j'ai quand même trouvé des créneaux pour voir des films, oui j'avoue je suis forte. 

Déjà (et ça recoupe un peu avec la thématique de la BD de Chloé Cruchaudet) j'ai regardé Laurence Anyways, troisième film de Xavier Dolan, traitant de la transsexualité en la personne de Laurence, né homme mais qui se sent femme.  C'est un très beau film. Long et lent (mais j'ai l'impression que c'est une constante chez ce réalisateur) et pas toujours facile à supporter, car la violence intime de certains passages résonne dans les tripes. Ce film parle du chemin entre le masque masculin porté par Laurence et son accomplissement en tant que femme ainsi que les conséquences d'une telle décision. Son histoire d'amour passionnelle avec Fred, une jeune femme pétillante rend ce switch plus compliqué que jamais. Le rapport à son travail, à sa mère se bouleverse et trouver une identité réelle, non-usurpée dans ce chaos de sentiments est difficile. C'est pas évident à raconter mais c'est vraiment vraiment un sujet hyper intéressant. J'ai toujours l'impression d’être condescendante quand je dis que je défends les droit des gay-lesbiennes-bi-trans, principalement car cette défense est de principe et qu'en réalité j'en connais fort peu sur les réalité de leurs conditions.
Par contre j'ai un reproche important à faire au film et plus généralement à Xavier Dolan puisqu'on retrouve la même chose dans Les amours imaginaires : Bordel, virez moi votre monteur son ! D'une scène à l'autre il faut augmenter le volume à mort pour pouvoir capter une phrase, neuf fois sur dix ultra importante. Si c'est un effet de style je trouve ça plutôt raté.

J'ai finalement (après un an de pause, ouais..) vu Happiness Thérapy (David O. Russel) en entier. Je ne sais pas pourquoi je m'en faisais tout un plat de ce film. Finalement c'est assez classique, le scénario est basiquissime. Bien traité, avec des personnages détonnant pour le cinéma, mais l'intrigue en elle même est très très simple. Jennifer Lawrence y est lumineuse  et je pense vraiment que cette actrice ira très loin si elle le souhaite. Il se passe vraiment quelque chose quand elle est à l'écran c'est super. Bref, ça rend plutôt heureux et c'est toujours bon à prendre. 

Toujours amatrice du grand cinéma d'auteur j'ai aussi fais un petit tour dans les salles pour voir Les gardiens de la Galaxie (James Gunn) avec ma coupine L. (ma seule amie céphalopode). C'était pas mal. Dans le genre film naze qui réduit les neurones en bouillie je veux dire. Je me suis bien marrée même si c'est très très con. On ne nous épargne aucun clichetons, je me suis tout de suite identifiée à Rocket, le raton laveur génétiquement modifié adepte d'explosifs. Les méchants sont débiles et mégalo as usual, les amitiés et les amours se créent en un coup de baguette magique, les punshlines sont attendues, l'action aussi et on passe un bon moment quand même. Le truc que j'ai pensé le plus souvent au cours du film c'est que tout ça serait super bien passé en dessin animé mais que en film ça donne direct une impression kitshouille de n'importe-quoi trop coloré. Un peu dans la  veine de John Carter en fait.  Enfin bref c'était très cool, je vous le conseille, c'est typiquement le genre de truc à regarder avec des potes en bouffant du pop-corn et en buvant plein de bière.


Et pour la fin, je vous ai gardé une petite perle de nullitude. Il faut dire que je profite souvent de bosser de nuit pour regarder des films que je n'aurais jamais regardé dans d'autre circonstances et c'est le cas de la bouse qui va suivre : Blanche Neige et le Chasseur (Rupert Sanders). Et pourtant je vous JURE que j'ai essayé de mettre mes à-prioris négatifs de côté.  Mais c'est tellement naze, mon dieu, que j'ai pas tenu un quart d'heure avant de commencé à soupirer devant mon écran. Bon. C'est un peu moins niais que ce que je craignais (un peu). Mais pfiou... Déjà la réalisation est à chier. Les images sont belles, propres, mais les plans durent quarante ans, ça donne vraiment l'impression qu'il n'y avait pas assez d'idées à mettre dans le film et que donc ils ont décidé de ralentir l'action systématiquement.  Et puis aprés.. je ne sais même pas quoi dire tiens, il faudrait que je vous fasse une critique de ce film au détail quasiment minute par minute pour pouvoir recouvrir tout les reproches que j'ai à lui faire. En vrac : Le perso de Blanche Neige est une mary-sue censée incarner la vie mais qui fait crever sur son passage tout les gens qui l'entoure, elle sait faire du cheval, se battre à l'épée etc. alors qu'elle a été cloitrée dans une geôle cradingue pendant dix ans, le chasseur est un personnage cliché de mec bourru un grand cœur (en plus c'est le même mec qui joue Thor. Décidément cet acteur est un échec), ils ont voulu introduire un triangle amoureux mais ont oublié de l'exploiter, les retournements de situations sont incohérents, ce qui pousse à la loyauté aussi, ils nous en fond des caisses sur le fait que personne n'ose aller dans l'obscure foret mais.. toute la troupe des méchants arrive à  suivre nos deux fugitifs (BN et le chasseur) à la trace quand même alors que A L'ORIGINE ils avait employé ce putain de chasseur pour les guider (Vous les voyez mes sourcils tellement haussés qu'ils s'incrustent dans l'implantation de mes cheveux ? Et croyez moi pourtant j'ai un grand front !), la reine doit prendre le cœur de Blanche Neige pour rester éternellement jeune mais plutôt que de lui piquer son cœur quand elle en a l'occasion, elle l'empoisonne, niquant à jamais ses chances de récupérer un cœur qui puisse lui être utile, personne ne doute jamais de Blanche Neige quand elle dit être la fille de l'ex-roi que tout le monde croit morte et ça continue comme ça, tout le temps, tout le temps, de dialogues creux en scènes d'action molles jusqu'au Happy End final.
Raaah ! Mais à quoi ça sert d'adapter des contes au cinéma si vous faites n'importe quoi avec ? Qu'on veuille s'éloigner de l'histoire pour donner une autre dimension au truc je suis pour, mais dans ce cas là, ne bâcler pas votre intrigue avec des raccourcis que même un mollusque lobotomisé capterai direct !!
Bref, c'était Blanche Neige et le chasseur et c'était pourri. Comme prévu en fait.

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Bon sur ces joyeuses remarques, je vais aller me laver / manger / re-pioncer un coup avant de partir au taff. Histoire d’être en forme pour regarder encore plein de films approximatifs dont je vous parlerai dans un prochain post.
Portez-vous bien. Débisous. 

Bien à vous, Scrat

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